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Credit: Traité d'hygiène publique et privée / par Michel Lévy. Source: Wellcome Collection.
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![(les iiidiviclus comme sur l’avenir pliysi(iue d’une iialion. Dans l’histoire qu’il a tracée des évolutions du genre luunain jusqu’il son époque, il fait connaître les extensions successives que la substance alimentaire a reçues ; il nous montre l’homme passant de la nourriture la plus simple h la multiplicité des aliments, mais pris encore en grande partie parmi les végétaux, auxquels il ajoute le lait. Dans une période plus avancée, les exigences de l’organisme se sont augmen- tées : la chair des animaux, les liqueurs fermentées, les assaisonnements de différentes espèces, ont pris place sur sa table. Quelle est la portée hygiénique des séries nombreuses de prohibitions alimentaires qui sont consignées dans la Bible? Ilallé déclare ne point la comprendre assez (1) ; il conçoit seulement l’ulililé de la prohibition du porc, sujet, dit-il, à une altération du tissu grais- seux très-analogue à la dégénérescence lépreuse (2). Il faut chercher plus haut, ce nous semble, la pensée du législateur hébreu : placé dans l’alternative d’énerver son peuple par une diététique exclusivement végétale, ou de tolérer, sous un climat qui punit tout excès, l’usage désordonné de toutes les matières alimentaires, il a pensé qu’une règle même arbitraire répondrait mieux à l’inlérêt de la santé générale ; les restrictions dont il a frappé la nourriture animale ont eu pour effet de tempérer, par un juste mélange des substances organiques des deux règnes, le régime des familles, de pourvoir dans une mesure constante à la vigueur des générations, et de faciliter en même temps l’œuvre d’une civilisation progressive dans le silence des appétits grossiers et des passions farouches que fomente l’usage prédominant des viandes. Il laissait aux Hébreux assez de latitude pour satisfaire à cette autre loi de l’ali- mentation, à savoir, la variété. La diététique mosaïque établit, non Tunifor- mité, mais la régularité du régime ; et loin de nous associer au reproche que lui fait Hallé, nous attribuons à ce régime, fidèlement observé de génération en génération, l’immunité singulière dont les Juifs ont souvent joui au milieu des épidémies meurtrières, et qui au moyen âge attirait sur eux les accusations les plus absurdes, les persécutions les plus atroces. Il est une pratique insti- tuée par Moïse, et dont- la valeur hygiénique a été constatée avec plus de raison : c’est la circoncision, stigmate héréditaire des enfants d’Abraham, marque étrange, si nous l’envisageons avec nos habitudes et nos idées du xix“ siècle, de l’alliance que Jéhovah a conclue avec eux. On sait ce que Voltaire a dépen.sé de maligne érudition pour enlever aux Juifs la priorité de la circoncision. A la vérité, Hérodote rapporte qu’elle était pratiquée par les l'.gyptiens. La première circoncision que la Bible mentionne, et qui fut faite par Abraham, remonte îi 1900 ans avant l’ôre commune; Hérodote écrivait léOO ans apri's Abraham : de cet intervalle de quatorze siècles, IMalgaigne (3) conclut à la ])riorité de la circoncision en faveur des Hébreux. Quoi qu’il en (t) Hallé, Ifijr/ifinc ou l'art. <k connnrvnr la santé. l’aris, tSOG. (2) Dict. fins srArnees médir.., t. XXII, p. 513. (3) Malgaigne, foc. cit., n» 51.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21985303_0001_0023.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)