De l'exposition, de la suppression, de la supposition et de la substitution de part : thèse soutenue publiquement dans l'amphithéatre de la Faculté de médecine de Montpellier, en présence des juges du concours et des compétiteurs, le 15 février 1835 / par A.-L.-G. Viguier.
- Viguier, Alexandre L.G.
- Date:
- 1835
Licence: Public Domain Mark
Credit: De l'exposition, de la suppression, de la supposition et de la substitution de part : thèse soutenue publiquement dans l'amphithéatre de la Faculté de médecine de Montpellier, en présence des juges du concours et des compétiteurs, le 15 février 1835 / par A.-L.-G. Viguier. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by The Royal College of Surgeons of England. The original may be consulted at The Royal College of Surgeons of England.
10/40 (page 10)
![mer, où les hommes étaient attirés par leurs affaires. On prenait souvent dans cette exposition toutes les précautions que les cir- constances des lieux rendaient nécessaires dans l’intérêt de l'infortuné qu’on abandonnait à toutes les chances du hasard (i). A Athènes, on exposait ordinairement les enfans à l’endroit appelé Cynosarges, qui était l’im des gymnases; dans Rome, c’était près de la colonne Lactaire , columna Lactaria , située sur le marché aux légumes, que cette exposition avait lieu le plus souvent (2). Quoique défendue, dans la suite par des lois spéciales presque chez toutes les nations civilisées, l’exposition de part resta néan- moins impunie pendant un temps encore assez long : elle le fut même sous les premiers Empereurs chrétiens, quoique le christia- nisme fût contraire à cette coutume déplorable. (1) Plusieurs hoimnes célèbres, si l’on en croit certains auteurs, ont dii la rie à ces utiles ])récautions. Tout le monde connaît l’iiistoire du Législateur des Hélmeux, qui, à l’ège de trois ans, fut exposé sur le Nil, dans un petit jjanier de joncs, enduit de bitume, au lieu d’être jeté dans le fleuve, comme l’ordonnait un édit du Roi d’Egypte pour tous les enfans males d’Israël. On sait aussi que le fondateur de Rome fut exposé sur le Tibre. (2) Il y avait anciennement devant la porte des églises, une coquille de marbre où l’on mettait les enfans que l’on voulait exposer ; on les portait en ce lieu, afin que quelqu’un, touché de compassion , se chargeât de les nom rir. Us étalent levés par les marguilliers, qui en dressaient procès-veiSbal et clierchalent quel- qu’un qui voulût bien s’en chai’ger, ce qui était confirmé par l’autorité de l’évêque, et l’enfant devenait serf de celui qui s’en chargeait [Encycl., tom. 12 , p. 422). On ne trouvait pas toujours quelqu’un qui voulût prendi’e soin de ces infortu- nés, et pendant long-temps, l’Église a eu à pourvoir â leur sulisistance. Dès le milieu du 10'^ siècle , cet usage était déjà ebange en plusieurs endroits : l’Église s’était débarrassée peu à peu du fardeau des enfans exposés. De là vint la ques- tion de savoir sur qui on le ferait tomber. Les communes et les seigneurs ont eu souvent des difficultés à ce sujet, jusqu’à l’époque où l’assemblée constituante établit, parla loi du 27 novembre 1790, que les enfans exposés seraient nourris aux frais de l’État. La loi du 27 frimaire an 5 établit sur cette matière un ordre](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22464402_0012.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)