La microbiologie en Australie : études d'hygiène & de pathologie comparée poursuivies à l'Institut Pasteur de Sydney / [A. Loir].
- Loir, Adrien Charles, 1862-1941.
- Date:
- 1892
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Credit: La microbiologie en Australie : études d'hygiène & de pathologie comparée poursuivies à l'Institut Pasteur de Sydney / [A. Loir]. Source: Wellcome Collection.
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![J9 — Paris, 27 novembre. A Monsieur le Directeur du Temps. * Votre journal annonçait, il y a peu de jours, que le Gouvernement de la Nouvelle-Galles du vSud était tellement impuissant à lutter con¬ tre un fléau d’un genre particulier — la pullulation des lapins — qu’il proposait un prix de 625.000 francs pour la découverte d’un procédé destiné à leur extermination. Des portions considérables de la Nouvelle-Zélande, non moins ravagées que l’Australie, sont aban¬ données par les fermiers, qui renoncent à l’élevage des moutons par l’impossibilité de les nourrir. Chaque hiver on lue les lapins par mil¬ lions, sans que ce carnage paraisse en diminuer le nombre. Voulez- vous me permettre de faire parvenir dans ces lointains pays, par l’organe du Temps, certaines idées dont l’application pourrait peut- être avoir quelque succès? « On a employé jusqu’à présent, pour la destruction de ce fléau, des substances minérales, notamment des combinaisons phosphorées^ En s’adressant à de tels moyens, n’a-t-on pas fait fausse route? Pour détruire des êtres qui se propagent selon les lois d’une progression de vie elfrayante, que peuvent de] tels poisons minéraux ? Ceux-ci tuent sur place là où on les dépose ; mais, en vérité, pour atteindre des êtres vivants, ne faut-il pas plutôt, si j’ose le dire, un poison comme eux doué de vie, et, comme eux, pouvant se multiplier avec une surprenante fécondité ? « Je voudrais donc que l’on cherchât à porter la mort dans les ter¬ riers de la Nouvelle-Galles du Sud et de la Nouvelle-Zélande, en es¬ sayant de communiquer aux lapins une maladie pouvant devenir épi¬ démique. «11 en existe une que l’on désigne sous le nom Aq choléra des pou¬ les et qui a fait l’objet d’études très suivies dans mon laboratoire. Cette maladie est également propre aux lapins. Or, parmi les expé¬ riences que j’avais instituées, se trouve celle-ci : je rassemblais dans un espace limité un certain nombre de poules, et en leur donnant une nourriture souillée par le microbe qui est la cause du choléra des poules, elles ne tardaient pas à périr. Les basses-cours sont](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30586999_0025.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)